12/11/2007

Voiture et CO2: le Parlement européen met le frein à main

On parle et on écrit beaucoup sur la lutte contre le réchauffement climatique et la lutte contre la pollution, toutefois il y a loin des déclarations d’intention à la réalité.
Il est intéressant à ce propos de suivre le débat au niveau européen.
Rappelons que les mesures prisent à Bruxelles sont suivi d’effet dans un grand nombre de pays dans le monde – y compris la Suisse, la Corée ou le Japon, mais pas les Etats-Unis – qui suivent les normes imposées à Bruxelles, pas par bonté d’âme mais pour pouvoir y vendre leurs véhicules. Il est important d’y être présent. L’ATE dispose d’un relais européen grâce à la Fédération européenne Transports et Environnement (T&E), dont elle est un des membres fondateurs. T&E suit ce dossier.
Pollution auto

Les bonnes et mauvaises alternent à Bruxelles
Je résume.
  • Premier épisode. En 1998 l’association des constructeurs européens d’automobiles s’ engagent à ne plus produire de voitures émettant plus de 140 g de CO2/km d’ici 2008 et demandent de ne pas avoir de législation contraignantes. Bien.
  • Deuxième épisode. La Commission européenne se prononcent, en février de cette année, pour un objectif d’émission de 120 g CO2/Km en moyenne pour les voitures neuves en 2012 . Très bien
  • Troisième épisode, cela se gâte. L’ objectif des constructeurs européens, ne sera vraisemblablement pas atteint par l’immense majorité des fabricants. Pour enfoncer le clou, le Parlement européen vient de voter une résolution favorable aux constructeurs automobiles. Le nouvel objectif serait fixé à 125 g CO2/km et avec un délai supplémentaire de trois ans, le positionnant en 2015.

Univers Nature – magazine environnementale sur la Toile – nous indique de plus  que le Parlement européen justifie, en grande partie, sa décision par la prise en compte du fait que « les fabricants ont besoin de cinq à sept années pour apporter des modifications à la conception d'un véhicule de la manière la plus économique ».

Mais, le Parlement ne s’arrête pas là et se veut aussi rassurant envers les constructeurs spécialisés sur le marché des voitures de « luxe » : proposant  qu’ils puissent, chaque année, retirer de leur calcul 500 véhicules et soulignant « l'importance d'autoriser un dépassement des limites d'émissions pour des types particuliers de véhicules afin d'éviter des perturbations excessives sur le marché de l'automobile ».

Le Parlement reconnaît que « les émissions moyennes des voitures placées sur le marché de l'Union en 2008 dépasseront 150 g CO2 /km », alors que les constructeurs s’étaient engagés en 1998 sur un seuil de 140 g pour l’année 2008. On aurait ainsi pu s’attendre à une demande de redoubler les efforts afin de rattraper le retard, mais c’est le choix de la modification des objectifs qui a été fait.

Une de fois de plus, l’on constate la facilité de tenir des discours ambitieux lorsque les échéances sont lointaines et la difficulté de prendre les mesures nécessaires lorsque les échéances se rapprochent. Par le vote de cette résolution, le Parlement européen vient clairement de signifier que l’ urgence de la réduction des émissions de CO2 du parc automobile peut encore bien patienter trois années de plus.

Est-ce que ce mauvais message aura une influence négative aussi en Suisse ?

Alain ROUILLER, ATE Suisse

14:56 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

Commentaires

Monsieur, pourquoi ne répondez-vous pas a mon émail re les problèmes d'isolation des immeubles de la CIA; oui ça n'est pas porteur vis à vis des médias ...

Écrit par : Danièle Camen | 13/11/2007

et que faites vous re les pistes de skis à Dubai et prochainement à Abu Dabi? ce n'est pas scandaleux? avec nos 8 millions d'habitants en Suisse il ne faudrait pas croire que ça va changer qqch.!

Écrit par : Danièle Camen | 14/11/2007

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