28/02/2008

les avantages du péage urbain

La Ville de Genève en proposant l’introduction du péage urbain a relancé, fort justement, le débat sur la place de la voiture en ville.
La question est importante: comment maîtriser l’augmentation phénoménale de la circulation motorisée, réduire les accidents de la circulation et lutter contre la pollution – qui cause annuellement 3000 décès en Suisse ? Le péage urbain est une réponse efficace, mais pas la seule.

Séance de rattrapage:
Soixante villes européennes sont en train d’introduire des restrictions à l’accès des centres à la circulation motorisée. Pour cela, il existe deux outils principaux:

  • Les zones à faibles émissions polluantes (ZEF):

 
des vignettes sont attribués aux véhicules en fonction de leur degré de nocivité qui indiquent ensuite quelles parties de la ville sont accessibles. C’est une méthode simple, évolutive, facile à mettre en place.

vignettes Bernlin

Le site européen "Low emission zone" – incomplet – en recense une soixantaine:
Objectif principal: réduire la pollution.

 

  • Le péage urbain:

bien connu à Londres, Stockholm, Oslo, Milan etc.

Objectif: réduire le nombre de véhicule et promouvoir l'écomobilité

Avantages du péage urbain : l’exemple de Londres
Les commentaires qui ont relaté la proposition de la Ville de Genève ont mis en avant les désavantages du péage urbain. Les avantages – oubliés dans le débat - sont pourtant énormes. Prenons le cas de Londres.

L’introduction du péage urbain londonien a des retombées positives considérables en matière de mobilité durable. En effet, grâce aux moyens financiers importants de plusieurs centaines de millions - Londres a regroupé dans un même département - Transport for London (TfL) - tous les services touchant de près ou de loin à la mobilité et aux déplacements : les transports publics bien sûr, mais aussi la marche à pied, le cyclisme, la sécurité routière, le chemin de l’école et les mesures en faveur des jeunes. Les questions touchant à la pollution et aux gaz à effet de serre ne sont pas oubliées.
Or, dans la plupart des villes, ces thèmes manquent cruellement de moyens financiers. A Londres par contre, les recettes du péage urbain permettent de financer des programmes très ambitieux. Voyons plus en détail ce qui fait de Londres l’une des villes les plus dynamiques au monde en matière de mobilité durable.

Sécurité routière
Ken Livingstone, le Maire de Londres, avait par exemple fixé en 2001 des objectifs très ambitieux en matière de sécurité routière (London Road Safety Plan), en donnant à TfL les moyens financiers : réduction de 40% des tués et des blessés graves.

Résultats : baisse moyenne de 45% des accidents graves,

dont 43% pour les piétons et 60% pour les enfants.

Londres qui avait pris du retard dans l’introduction des zones 30, va rattraper le temps perdu et mettre tous ses quartiers à 30 km/h en introduisant le contrôle par vidéo caméra et radars, avec reconnaissance des plaques, système déjà en vigueur pour le péage urbain. Sans aménagements physiques.


Chemin de l’école et mobilité douce
TfL est très actif dans le domaine de la sécurité et de la promotion du chemin de l’école, à pied. Ce qui ne va pas de soi en Grande-Bretagne. Avec d’excellents résultats, les accidents d’enfants sont en très sérieuse baisse. La diminution du nombre de voitures utilisées pour amener les enfants à l’école est plus modeste : 6,7%
Ici aussi, le Maire a fixé des objectifs ambitieux, d’ici fin 2009 les 3000 écoles de Londres devront avoir un plan de déplacement scolaire, équivalent scolaire du plan de déplacement d’entreprise (PDE).
La promotion des déplacements à vélo n’est pas oubliée, en février 2009, le Maire de Londres a d’ailleurs annoncé le plus important programme de promotion de la bicyclette, 1,2 milliard de francs en 10 ans, avec la création d’itinéraires privilégiés pour la mobilité douce, les « golden roads ».

Taxe sur les « Chelsea tractors »
Dans le domaine de la protection de l’environnement, Londres n’est pas inactif non plus. Une vignette (ZEF zone à faible émission polluante) été introduite, le 4 février 2008 qui favorise les véhicules moins polluants, les camions sont particulièrement visés.

Chelsea tractors

De plus, une taxe sur les gros 4x4 et autres véhicules de luxe – appelés à Londres « Chelsea tractors » - de Fr 55.- par jour est également introduite pour qui veut aller au centre-ville.


Ce programme de réduction des gaz à effet de serre nous est annoncé comme le plus ambitieux au monde…

 

Alain Rouiller, ATE Suisse

17:06 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (11) | |  Facebook | | |

27/02/2008

Scooter nautique: une proposition débile


Le Conseil fédéral  se ridiculise. En effet, l'Office fédéral des transports a le projet d'autoriser les jet-skis ou scooters nautiques en Suisse. Ces engins bruyants et dangereux, empestent l'air et menacent la faune et la flore de nos plans d'eau. L'ATE Association transports et environnement s’y oppose fermement.
 

 

scooter nautique

 


Les scooters nautiques ou jet-skis provoquent un bruit infernal. Avec une vitesse supérieure à 100 km/h et une puissance allant jusqu'à 200 chevaux, ils sont dangereux et polluent l'atmosphère. Ils constituent un véritable fléau pour les personnes en quête de quiétude et les riverains, même si leur utilisation est canalisée sur certains couloirs nautiques. Seuls quelques privilégiés en profiteront, s'approprieront et empesteront nos rives avec leurs remorques envahissantes, pendant que tous les autres souffriront des émissions supplémentaires ainsi engendrées. A ces nuisances s'ajoutent les dommages causés à la faune et à la flore de nos plans d'eau.
 

scooter nautique 2

 


Le point de départ de cette idée stupide vient de la décision du Conseil fédéral du 31.7.2007 sur le principe du "Cassis-de- Dijon" et sa demande à l'Office fédéral des transports de procéder à la révision de l'ordonnance sur la navigation intérieure dans le but d'adapter les conditions réglant les sports nautiques.

L'intégration des scooters nautiques ou jet-skis dans la catégorie des bateaux de sport n'est pourtant pas exigée par l'UE, leur autorisation en Suisse n'est pas indispendable. Leur arrivée en Suisse est sans importance sur le plan économique, et et va à l'encontre de tous les objectifs fixés par le Conseil fédéral en matière de durabilité (protection du climat notamment).

scooter nautique 3 

Opposons-nous à cette idée loufoque !

Dessins pour l'ATE:  Efeu

Alain Rouiller, ATE Suisse 

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21/02/2008

Politique climatique du Conseil fédéral : encore raté!

Les propositions faites ce mercredi 21 février par le Conseil fédéral sont largement insuffisantes, surtout dans le domaine de la circulation. L’ATE demande d’en finir avec les accords volontaires et de passer dès à présent à des mesures plus contraignantes.

Selon nous, les émissions de gaz à effet de serre de la Suisse doivent être obligatoirement réduites d'au moins 30% d'ici 2020. En effet, pour que le réchauffement du climat ne dépasse pas 2 degrés Celsius, d'ici 2050 les émissions mondiales de gaz à effet de serre doivent être réduites de 50% par rapport à 1990, voire d'environ 90% dans les pays industrialisés.

De nombreux Etats ont défini des objectifs correspondants. A titre de comparaison: récemment, Londres a fixé son objectif de réduction des émissions de CO2 à 60% d'ici 2025 et l'Allemagne à 40% d'ici 2020 si l'UE adopte l'objectif de réduction de 30%. Pays alpin, la Suisse subit de plein fouet les conséquences des dérèglements climatiques et a surtout les moyens d’agir.

pollution


L’ATE demande l’introduction d’une taxe CO2 sur les carburants, sans attendre 2012 ou la saint- glinglin.

42% des émissions de CO2 proviennent du trafic. Contrairement aux chauffages, les émissions dues au trafic continuent de croître. Elles ont augmenté de 9% par rapport à 1990, alors que la loi prévoit une réduction de 8% en 2010. Paradoxalement, la mobilité reste épargnée alors que la taxe CO2 est déjà introduite sur les combustibles. Où est le beug?
Par rapport aux pays limitrophes, la Suisse a l’essence la meilleure marchée et un pouvoir d’achat élevé. Du coup, pas étonnant que la Suisse se transforme en un petit paradis pour les « gouffres à essence ». Aujourd’hui, la Suisse possède le parc automobile le plus polluant d’Europe : les voitures neuves vendues en Suisse en 2006 ont rejetées en moyenne 187g de CO2 au km, contre 160 g dans l’Union européenne. Parce qu’on achète des voitures plus lourdes et plus gourmandes que nos voisins, cela nous place en dernière position européenne, avec la Suède. La honte !

Les conventions volontaires d'objectifs passées avec l'industrie automobile pour diminuer les émissions de CO2 ont toutes échoué. Ces échecs montrent clairement la nécessité de prescriptions plus contraignantes pour les voitures, comme c’est le cas pour les appareils ménagers ou les ampoules (interdiction des ampoules à incandescence dès 2012).

 

Ironie du calendrier, le même jour le Conseil fédéral annonce qu'en 2008, la Confédération va dépenser environ 2,15 milliards de francs pour les autoroutes, soit 1,18 milliard pour l’aménagement et l’entretien du réseau et 965 millions pour la réalisation de tronçons nouveaux.

 

Alain ROUILLER, ATE Suisse

18:10 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | |

19/02/2008

Les piétons et les motards en danger

L'augmentation du nombre de piétons accidentés, telle qu’elle apparaît dans les statistiques publiées aujourd'huipar le BPA, est très préoccupante, plus particulièrement l’augmentation de 18% des blessés graves sur les passages piétons.

L’ATE Association transports et environnement demande des campagnes de sensibilisation ET de contrôle auprès des automobilistes et des motards.

Les chiffres concernant les piétons sont en effet préoccupants : augmentation de 4% des piétons tués respectivement de 8% des blessés graves, dont les deux-tiers seront handicapés à vie. L’augmentation la plus forte concerne les piétons grièvement blessés sur les passages piétons : + 18%  Il faut garder en mémoire que les chances de survie d’un piéton renversé par un véhicule roulant à 50 km/h ne sont que de 30% !

circulation aînés


Rappelons que l’étude de l’ATE de 2006 « les aînés et la sécurité routière » l’avait démontré, les personnes âgées paient le plus lourd tribut à l’insécurité routière. En effet, 62% des piétons tués sont âgés de plus de 65 ans.

Du fait de leur fragilité, ils sont dépendants de l’observation des règles de circulation… pas toujours respectés par les automobilistes.  Contrairement à une idée reçue, dans 72% des cas, le piéton âgé n’est pas fautif.

Comment mieux protéger les piétons ?
L’ATE recommande :
•    Respect  du droit de priorité du piéton grâce à des campagnes de sensibilisation ET de contrôle
•    Sensibilisation aux règles de prudence pour les piétons et rappeler que les passages piétons ne sont en aucun cas des passages de sécurité
•    Introduction généralisée du 30 km/h dans les quartiers d’habitation, et sécurisation des traversées de routes importantes
•    Constructions d’aménagements, tels les îlots centraux ou les rétrécissements de la chaussée à la hauteur des traversées piétonnes

Insécurité routière des deux-roues motorisés
L’augmentation des tués et des blessés graves parmi les usagers des deux-roues motorisés (2RM) est particulièrement préoccupante, sachant que le parc des 2RM est en forte progression. Voyons plus en détail.
La gravité du risque pour les deux-roues motorisés, apparaît clairement si l’on compte ensemble les  tués/blessés graves. Les risques d’être tués ou blessés grièvement sont
•    de 2223 en voiture,  pour  4’000’000 de voitures, soit 162 tués et 1637 blessés graves (1799 au total)
•    de 369 avec un motards, pour 620’000 2RM, soit 82 tués et 1597 blessés graves (1679 au total)
Bien que 6 fois moins nombreux, les 620'000 motards courent autant de risque que les 4'000'000 d’automobilistes.


accident moto

Via Sicura : manque de volonté politique
Malheureusement, on doit constater que la volonté politique de lutter contre l’insécurité routière fait cruellement défaut aussi bien à Genève qu'à Berne. Lancé en 2000 déjà, sous le nom de Vision zéro, par le conseiller fédéral Moritz Leuenberger, le programme national de sécurité routière se fait toujours attendre.

Juin 2008, nous dit-on aujourd’hui. Encore combien de tués sur les routes avant que les autorités prennent des mesures ?

L’ATE va continuer à suivre attentivement ce dossier.


Alain Rouiller ATE Suisse

16:29 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook | | |

17/02/2008

OUI à l’initiative de Franz Weber

Le 24 février, en Suisse, les votant-e-s devront se prononcer sur l'initiative populaire lancée par Franz Weber "Contre le bruit des avions de combat à réaction dans les zones touristiques". Elle exige l'interdiction d’exercices inutiles impliquant des jets de l'armée dans les zones de détente touristiques.

L'ATE soutient pleinement cette initiative favorable à la santé de la population et à l'environnement.

Rappelons qu’au cours des cent dernières années, les nuisances sonores quotidiennes ont été multipliées par sept. Le bruit est presque omniprésent. Aujourd’hui, on connaît bien ses effets négatifs sur la santé. Il dérange le sommeil et provoque des réactions de surmenage, des dysfonctionnements cardiaques et circulatoires. Une publication de l'OFEV indique qu'environ deux pour cent de tous les infarctus du myocarde sont imputables à la pollution sonore du trafic. C'est pourquoi l'ordonnance sur la protection contre le bruit a vu le jour en 1986.

Le décollage et le vol à basse altitude d'un jet de combat produisent un bruit assourdissant, lequel importune fortement les habitants et les visiteurs des régions de montagne.
Les avions de combat consomment des quantités énormes de kérosène, contribuant ainsi aux émissions de CO2 et au changement climatique, dont les conséquences sont particulièrement graves dans les Alpes. Ces appareils rejettent aussi chaque année dans l'atmosphère des dizaines de milliers de tonnes de produits chimiques hautement toxiques ainsi que des particules fines dangereuses pour la santé des êtres vivants.

Si l'initiative populaire "Contre le bruit des avions de combat à réaction dans les zones touristiques" de Franz Weber était acceptée, ce serait un double signal en faveur de la population et de l'environnement: moins de bruit préjudiciable à la santé dans les régions touristiques, moins de pollution et de CO2 émis par les avions de combat et portant atteinte au climat.

Utilisation de l'espace en Suisse 

initiative FW


Rappel du texte de l'initiative populaire fédérale "Contre le bruit des avions de combat à réaction dans les zones touristiques":
La Constitution fédérale du 18 avril 1999 est modifiée comme suit:
Art. 74a Protection contre le bruit (nouveau)
En temps de paix, les exercices militaires impliquant des avions de combat à réaction sont interdits dans les zones de détente touristiques.

 

Alain ROUILLER, ATE Suisse 

17:54 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | |