20/03/2008

Péage urbain : le plan d’actions de l’ATE

Les commentaires qui ont suivi la proposition de la Ville de Genève proposant l’introduction du péage urbain ont principalement mis en avant les désavantages du péage urbain, souvent avec mauvaise foi. Les avantages – oubliés dans le débat - sont pourtant énormes.

Rappelons les enjeux: maîtriser l’augmentation phénoménale de la circulation motorisée à venir, plus de 40% en 15 ans nous annonce-t-on, réduire les accidents de la circulation et lutter contre la pollution, qui cause annuellement 3000 décès en Suisse !

Le péage urbain est une réponse efficace, mais pas la seule. A noter qu’une septantaine de villes européennes sont en train d’introduire des restrictions à l’accès des centres à la circulation motorisée et non quatre ou cinq comme indiqué à tort par les opposants.

L’ATE propose un plan d’actions en trois points:
1. Première priorité, d’urgence sanitaire, introduire les zones à faibles émissions polluantes (ZEF) ou zones environnementales: ces vignettes, attribuées aux véhicules en fonction de leur degré de nocivité, indiquent quelles parties de la ville sont accessibles à quel véhicule. Elles permettent d’éliminer les véhicules les plus polluants, y compris les vieilles motos, qui polluent jusqu’à 200 fois plus qu’une voiture moderne. Sans oublier les véhicules diesels, qui circulent sans filtre à particules.
La vignette environnementale est une méthode simple, évolutive, facile à mettre en place.

Umweltzone
un nouveau panneau "zone environnementale", auquel il faudra bientôt s'habituer...
Ici, la majorité des véhicules munis de pastilles oranges, jaunes et vertes peuvent entrer dans la zone. Ceux, sans pastille, par exemple les vieilles motos extrêmement polluantes et les voitures diesels sans filtre à particules sont interdites dans la zone.

2. Deuxièment, il faut définir un plan de mobilité de l’agglomération franco-valdo-genevoise qui permette de respecter enfin les normes de pollution OPAIR et de bruit OPB. Ce plan doit comprendre l’hypothèse d’un péage urbain et son étude de faisabilité. Il comportera notamment le volets suivants :

  • Développement importants des transports publics urbains et interurbains
  • Création de milliers de places de P+R (parcs relais), proche de la frontière, voire en France voisine
  • Généralisation de P+B (parc + bicyclettes) aux arrêts de transports publics
  • Promotion active de la mobilité douce
  • Promotion active du co-voiturage (et de l'autopoartage)
  • Contrôle et gestion du stationnement
  • Introduction du bonus-malus, surl modèle français 
  • Prise en compte de la sécurité routière
  • Moratoire sur la construction d'ouvrages routier, sauf justification de sécurité routière
  • Au niveau national, réalisation complète de Rail2000, 2ème étape (y compris la 3ème voie) 


3. Ensuite, et seulement ensuite, il s’agira d’introduire le péage urbain ou une autre forme de tarification de la mobilité.
Rappelons quelques avantages du péage urbain à Londres, l’une des villes les plus dynamiques au monde en matière de mobilité durable. Le péage urbain a des retombées positives considérables. En effet, grâce aux moyens financiers importants de plusieurs centaines de millions générés par le péage, Londres a pu développer les transports publics bien sûr, mais aussi la marche à pied, le cyclisme, la sécurité routière. La promotion des déplacements à vélo n’est pas oubliée, en février 2008, le Maire de Londres a annoncé le plus important programme de promotion de la bicyclette, 1,2 milliard de francs en 10 ans.

 

congestion charge
Huit livres sterling (Fr 22.-) par jour pour les pendulaires. Les résidents bénéficient de 90% de réduction.

 

Moyens financiers

Dans la plupart des villes, les moyens financiers manquent cruellement pour promouvoir l’écomobilité, le fonds d’infrastructure fédéral est notoirement insuffisant.

Le péage urbain est donc une façon de mettre en place le principe du pollueur-payeur et de la vérité des coûts. Selon une étude du Fonds national pour la recherche scientifique, le trafic routier occasionne des frais non couverts (accidents, santé, pertes économiques) de 5,3 milliards de francs par an. Sans compter les embouteillages (1milliard) et les nuisances environnementales. Or tout le monde est touché, quel que soit le mode de transport adopté. Dans cette optique, le péage urbain ne ferait que rétablir un peu de justice à l'égard des usagers parcimonieux de leurs déplacements.

Pour cela, il faut un minimum de volonté politique, qui semble faire cruellement défaut pour l’instant chez nos décideurs.

Alain Rouiller, conseiller en mobilité à l’ATE Suisse

Mise à jour le 2 avril 2008

17:08 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook | | |

Commentaires

ce qui est de parfaite mauvaise foi dans votre approche c'est que vous entendez priver les Genevois d'accéder à LEUR VILLE alors qu'ils ne sont, et de loin, pas la cause principale des désordres que vous prétendez.

Comme le reste de la classe politique bien pensante, vous n'osez pas porter l'accusation là où elle doit l'être: LES PENDULAIRES.

Comme vous devez certainement faire partie de la bourgeoisie de gauche, vous habitez donc en ville et c'est votre petit confort de petit bourgeois que vous voulez protéger.

Si, comme moi, vous habitez au bout du canton et que le 90% des voitures qui vous précèdent ou vous succèdent sont françaises, je pense que vous changeriez de discours.

Il est tout de même assez triste de constater que le seul qui a fait une vraie proposition concrète de nature à enrayer ce phénomène instouenable, c'est le MCG avec la ceinture verte.

Mais vous êtes tellement obsédé, d'une part par l'obligation de se déplacer en transports publics et d'autre part par un anti MCG atavique que vous n'êtes plus capable d'y voir clair.

L'idée d'une ceinture verte est juste pourquoi?

Elle réduit considérablement les nuisances dans les villages de la couronne genevoise (Soral, Jussy;Hermance, Sauverny etc) et de ce fait libère non seullement les axes de pénétrantes mais permet aussi de mieux gérer les couloirs de bus sans entraver la libre ciculation individuelle des Genevois.

Si cette dernière vous dérange, je vous rappelle que les Genevois ont cliarment exprimé leur volonté de complémentarité des moyens de transport. Il sont donc CONTRE le tout collectif.

Si vous voulez changer ça, ayez le courage de venir devant le peuple avec une initiative qui concerne TOUS LES GENEVOIS et pas seulement le microcosme des BoBo de la ville.

Malheureusement on voit bien que votre faction ne sait qu'agir dans les coulisses ou par derrière.

Clea montre surtout que la gauche caviar genevoise ne vise qu'une seul chose, la protection de ses privilèges parmi lesquels celui d'habiter en ville et souvent à bon compte.

Écrit par : C.Hodeult | 20/03/2008

Bonjour !
Je constate que votre projet est déjà bien avancé...
Ce qui me dérange, en tant que Genevois habitant à la périphérie, c'est que le "Centre" est, pour des gens comme moi, un passage obligé pour se rendre à la gare ou à l'aéroport, par exemple.
La noble enseigne "pollueur = payeur" se traduit plutôt, à mon sens, par "véhicules privés = vaches à traire".
Cette idée de péage urbain n'est rien d'autre qu'une nouvelle façon inédite de traire ces véhicules et donc leurs propriétaires.
Il n'y a qu'à lire vos envolées enthousiastes quand vous parlez des "millions générés" par ce système à Londres.
Ce péage serait une punition de plus pour les travailleurs et, en effet, une source de revenus supplémentaires pour Messieurs les ronds-de-cuir.

Écrit par : Blondesen | 20/03/2008

Bon, le débat à peine lancé, part en quenouille, comme d'hab'.

Écrit par : Dji | 20/03/2008

@Dji je ne vois pas en quoi le débat part en quenouille?
@Rouiller, mis à part les interdit, la gauche a-t-elle des propostions constructives?

Je partage l'idée de la ceinture verte. Elle permet d'atteindre les deux buts à la fois. Réduction massive du trafic trans-rives et amélioration du bilan CO2 en ville.
Je ne suis pas du tout intéressé par le MCG mais il faut reconnaître que cette proposition est excellente.
A force de rejeter les idées de l'autre parece qu'on est pas du même bord politique, on finit là où on ne voulait pas aller.
C'est faux de se voiler la face,, les pendulaires vaudois et français constituent le gros de cette problèmatique. C'est ni anti-vaudois ni anti-français que de le dire, c'est un fait!
Merci de réfléchir en terme positifs et pasnégatifs M. Rouiller, SVP

Écrit par : Vincent | 21/03/2008

L'interdiction de fumer va générer moins de taxes, pour renflouer les comptes de l'AVS, plus de rentes AVS, vu que le nombre de cancers du poumon va diminuer, plus de contrebande, du chômage, vu que le nombre de cigarettes à vendre va diminuer, alors la taxe...le péage...va faire diminuer le trafic des VOITURES...mais les camions, les bus-diesel, les flatulences des vaches ne diminuera PAS...
Réflection....

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 21/03/2008

je préfèrais quand on pouvait fumer tranquille

Écrit par : score en direct | 25/02/2011

Pas mal cette idée je trouve. Les péages urbains pourraient très bien améliorer la situation, je suis vraiment d'accord avec ça.

Écrit par : programme | 17/01/2012

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