31/03/2008

Transports : les émissions de gaz à effet de serre toujours à la hausse

Alors qu’un nouveau cycle de négociation s’ouvre à Bangcok pour parvenir à un accord sur la réduction des gaz à effet de serre, il intéressant de voir ce qui c’est fait – ou plutôt pas fait -  en Europe. 
785883703.jpgCécile Cassier  fait un compte rendu - pour le magazine électronique “Écho Nature” - du récent rapport fourni par l’AEE (Agence européenne pour l’environnement). Ce raport européen indique que les émissions de gaz à effet de serre dues au secteur des transports au sein des pays membres de l’organisation  continuent à augmenter. Ce bilan remet en cause les objectifs défendus par l’Union européenne et la Suisse lors de la Conférence de Bali qui prescrivait de réduire de 25 à 40 % les rejets polluants.


Pour une fois, la Suisse fait partie d’un organisme européen avec les 27 membres de l'Union européenne, l'Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Turquie, les chiffres de l'étude européenne nous concernent donc directement.




Principale responsable de l’intensification de la pollution due aux transports, l’aviation arrive en tête, accusant la hausse la plus élevée. Entre 1990 et 2005, l’UE a vu ses émissions totales de CO2 issues de l’aviation grimper de 73 %. Les offres bon marché des compagnies aériennes, de plus en plus alléchantes, ont certainement encouragé l’engouement de ces dernières années en faveur de l’avion.

Toutefois, proportionnellement, la voiture conserve sa première place des sources de pollution liée aux transports. Les efforts des constructeurs en matière d’innovation technologique se sont effectivement avérés incapables de contrer l’essor des parcs automobiles.
Ceci peut s’expliquer par la croissance soutenue du transport de marchandises qui, sous l’impulsion de la demande en produits domestiques, représente une large part de l’activité routière. Entre 1995 et 2005, l’affretage par camions dans les pays de l’AEE a enregistré une augmentation de 38 %.

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Evolution des gaz à effet de serre des 32 pays membres de l'AEE
(hors émissions des secteurs aériens et maritimes

La solution des agrocarburants reste elle aussi problématique, en vue de la pression environnementale que ceux-ci exercent sur les forêts tropicales et les populations avoisinantes. Il apparaît de plus en plus évident qu’ils ne pourront pas suppléer intégralement les combustibles fossiles.

Pour l’Agence européenne, seul un changement des comportements actuels pourra renverser la vapeur. En ce sens, elle dénonce d’une part l’accroissement du nombre de véhicules en service, mais également un usage irresponsable, à l’image du recours excessif à la climatisation augmentant de manière significative la consommation globale de carburant.

Il revient aux décideurs gouvernementaux de responsabiliser les citoyens, en instaurant des mesures incitatives susceptibles de convaincre les conducteurs à opter pour un mode de transport plus propre. A titre illustratif, la recrudescence des automobilistes isolés pourrait facilement être atténuée si des concepts tels que le covoiturage étaient davantage promus, notamment dans le cadre d’initiatives d’entreprises. La marche à pied et le vélo, options idéales, restent également tributaires de la gestion de l’espace urbain.

S’appuyant sur ces constats, le dossier évoque les alternatives à envisager et leur faisabilité. Il s’intéresse tout particulièrement aux transports en commun qui, bien qu’en légère hausse, ne sont pas utilisés au mieux de leur capacité. Ainsi, l’argument principal invoqué par les réfractaires aux services de bus et aux lignes ferroviaires est le manque de fiabilité.

A noter que 54 % des citoyens de l’UE se disent prêts à payer plus cher au nom d’un mode de transport moins polluant, la fonctionnalité et le coût semblent encore les critères principaux motivant leurs choix, au détriment de la performance environnementale.

Alain Rouiller, ATE Suisse avec de "Echo nature"

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20/03/2008

Péage urbain : le plan d’actions de l’ATE

Les commentaires qui ont suivi la proposition de la Ville de Genève proposant l’introduction du péage urbain ont principalement mis en avant les désavantages du péage urbain, souvent avec mauvaise foi. Les avantages – oubliés dans le débat - sont pourtant énormes.

Rappelons les enjeux: maîtriser l’augmentation phénoménale de la circulation motorisée à venir, plus de 40% en 15 ans nous annonce-t-on, réduire les accidents de la circulation et lutter contre la pollution, qui cause annuellement 3000 décès en Suisse !

Le péage urbain est une réponse efficace, mais pas la seule. A noter qu’une septantaine de villes européennes sont en train d’introduire des restrictions à l’accès des centres à la circulation motorisée et non quatre ou cinq comme indiqué à tort par les opposants.

L’ATE propose un plan d’actions en trois points:
1. Première priorité, d’urgence sanitaire, introduire les zones à faibles émissions polluantes (ZEF) ou zones environnementales: ces vignettes, attribuées aux véhicules en fonction de leur degré de nocivité, indiquent quelles parties de la ville sont accessibles à quel véhicule. Elles permettent d’éliminer les véhicules les plus polluants, y compris les vieilles motos, qui polluent jusqu’à 200 fois plus qu’une voiture moderne. Sans oublier les véhicules diesels, qui circulent sans filtre à particules.
La vignette environnementale est une méthode simple, évolutive, facile à mettre en place.

Umweltzone
un nouveau panneau "zone environnementale", auquel il faudra bientôt s'habituer...
Ici, la majorité des véhicules munis de pastilles oranges, jaunes et vertes peuvent entrer dans la zone. Ceux, sans pastille, par exemple les vieilles motos extrêmement polluantes et les voitures diesels sans filtre à particules sont interdites dans la zone.

2. Deuxièment, il faut définir un plan de mobilité de l’agglomération franco-valdo-genevoise qui permette de respecter enfin les normes de pollution OPAIR et de bruit OPB. Ce plan doit comprendre l’hypothèse d’un péage urbain et son étude de faisabilité. Il comportera notamment le volets suivants :

  • Développement importants des transports publics urbains et interurbains
  • Création de milliers de places de P+R (parcs relais), proche de la frontière, voire en France voisine
  • Généralisation de P+B (parc + bicyclettes) aux arrêts de transports publics
  • Promotion active de la mobilité douce
  • Promotion active du co-voiturage (et de l'autopoartage)
  • Contrôle et gestion du stationnement
  • Introduction du bonus-malus, surl modèle français 
  • Prise en compte de la sécurité routière
  • Moratoire sur la construction d'ouvrages routier, sauf justification de sécurité routière
  • Au niveau national, réalisation complète de Rail2000, 2ème étape (y compris la 3ème voie) 


3. Ensuite, et seulement ensuite, il s’agira d’introduire le péage urbain ou une autre forme de tarification de la mobilité.
Rappelons quelques avantages du péage urbain à Londres, l’une des villes les plus dynamiques au monde en matière de mobilité durable. Le péage urbain a des retombées positives considérables. En effet, grâce aux moyens financiers importants de plusieurs centaines de millions générés par le péage, Londres a pu développer les transports publics bien sûr, mais aussi la marche à pied, le cyclisme, la sécurité routière. La promotion des déplacements à vélo n’est pas oubliée, en février 2008, le Maire de Londres a annoncé le plus important programme de promotion de la bicyclette, 1,2 milliard de francs en 10 ans.

 

congestion charge
Huit livres sterling (Fr 22.-) par jour pour les pendulaires. Les résidents bénéficient de 90% de réduction.

 

Moyens financiers

Dans la plupart des villes, les moyens financiers manquent cruellement pour promouvoir l’écomobilité, le fonds d’infrastructure fédéral est notoirement insuffisant.

Le péage urbain est donc une façon de mettre en place le principe du pollueur-payeur et de la vérité des coûts. Selon une étude du Fonds national pour la recherche scientifique, le trafic routier occasionne des frais non couverts (accidents, santé, pertes économiques) de 5,3 milliards de francs par an. Sans compter les embouteillages (1milliard) et les nuisances environnementales. Or tout le monde est touché, quel que soit le mode de transport adopté. Dans cette optique, le péage urbain ne ferait que rétablir un peu de justice à l'égard des usagers parcimonieux de leurs déplacements.

Pour cela, il faut un minimum de volonté politique, qui semble faire cruellement défaut pour l’instant chez nos décideurs.

Alain Rouiller, conseiller en mobilité à l’ATE Suisse

Mise à jour le 2 avril 2008

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13/03/2008

L'initiative des radicaux zurichois est rejetée

L’alliance nationale composée de 22 organisations dans les domaines du sport, des loisirs, de la nature, de la protection du patrimoine et de l’environnement, dont l'ATE, se réjouit du non du Conseil national de ce mercredi 13 mars à l’initiative des radicaux zurichois, après delui du Conseil des États. L’initiative est malvenue et juridiquement problématique.
Rappelons que l’initiative a été lancée par un petit cercle de personnes autour de la présidente du PRD zurichois, avec à la clé un investissement de 1.2 mio de francs pour une difficile récolte de signatures.

Argovie: le peuple rejette l’initiative (cantonale)
Le droit de recours des organisations a déjà été fortement limité en 2007, des limitations supplémentaires ne sont pas justifiées et ne trouveraient pas une majorité devant le peuple si l’on en croit la votation cantonale du 24 février dernier dans le canton d’Argovie.
En effet, quasiment 2/3 de la population n’a pas voulu entendre parler de limitations supplémentaires du droit de recours. Seuls 36% des votants ont suivi les initiants. Pour le canton d’Argovie, qui compte une part importante d’électeurs UDC, cela signifie que la base du PRD a voté, à une grande majorité, contre des limitations supplémentaires du droit de recours
moutons verts

après les moutons noirs de l'UDC Suisse, voici les moutons verts de l'UDC argovienne...


Extrait de l’intervention de la conseillère nationale Adèle Thorens devant le Conseil national le 12 mars 2008.
“L'initiative prétend répondre à un phénoméne d'obstruction limitant le développement des projets de construction. Or les associations ne sont responsables que de 1 % des recours déposés contre des projets de construction. Dans 99 % des cas, ce sont des privés ou des riverains qui ralentissent ces projets. Les associations interviennent en outre à bon escient, puisque dans ¾ des cas, le tribunal tranche en faveur de la nature. Les projets dénoncés n'étaient donc pas conformes à la législation. Le cas du stade du Hardtum est emblématique. Il est souvent cité en exemple par les initiants, mais ce n'est pas l'ATE qui a bloqué sa construction. L'ATE a interrompu sa procédure au niveau du Tribunal administratif. Ce sont des privés qui ont mené le dossier jusqu'au Tribunal fédéral. Outre les nombreuses interventions de riverains, la lenteur des procédures est également un facteur d'obstruction. Si les initiants veulent vraiment lutter contre cette dernière, pourquoi ne donnent-ils pas des moyens supplémentaires aux tribunaux surchargés ? Et pourquoi ne s'attaquent-ils pas au droit de recours des privés ? La réponse ne peut être que parce c'est à la protection de l'environnement qu'ils en veulent. (...)”

L’alliance regroupant club alpin, fédération de pêche, protecteurs de l’environnement et du patrimoine et amis de la nature, demande maintenant que cette initiative populaire soit rapidement soumise au peuple. Le Conseil fédéral doit revoir sa position et fixer rapidement la date de la votation.


Les 22 organisations membres de l’alliance:

  • Aqua Viva
  • Archéologie Suisse
  • ASPO/BirdLife Suisse
  • ATE Suisse
  • CAS-Club Alpin Suisse
  • Equiterre,
  • Fédération Suisse des Amis de la Nature
  • Fédération Suisse de pêche
  • Fédération Suisse de Tourisme Pédestre FSTP
  • Fondation pour la pratique environnementale en Suisse
  • La Fondation suisse pour la protection et l'aménagement du paysage
  • Fondation suisse de la Greina
  • Fondation suisse de l’énergie
  • Greenpeace,
  • Helvetia Nostra/Fondation Franz Weber
  • Initiative des Alpes
  • Médecins en faveur de l’environnement,
  • Patrimoine Suisse
  • Pro Natura Suisse
  • Rheinaubund
  • Société Suisse de Spéléologie
  • WWF Suisse.

Alain Rouiller, ATE Suisse

15:30 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |