09/06/2010

Loi sur le CO2 et climat: une loi creuse

emission.jpgL'ATE  est très déçue de l'issue du débat sur le climat au Conseil national. La Chambre basse a en effet vidé la loi sur le CO2 de sa substance: elle a retiré du texte de loi la taxe CO2 sur les carburants. On renonce ainsi à réduire efficacement les émissions de CO2 des voitures neuves. Ce n'est pas comme cela qu'on parviendra à sauvegarder le climat.


Revenons sur le désolant débat de la semaine passée aux Chambres fédérales.

Ce que l'on pouvait craindre s'est produit: le Conseil national a raté l'occasion de décider de mesures efficaces de préservation du climat. Il entend se satisfaire d'un maigre objectif de 20% de réduction des émissions de CO2 en Suisse d'ici à 2020. L'ATE estime qu'une réduction de 40% est à la fois possible et nécessaire.

La Chambre du peuple a également retiré du texte de loi la possibilité d'introduire une taxe CO2 sur les carburants. Sans une telle taxe, la Suisse va inévitablement manquer son objectif de préservation du climat dans le domaine des transports. Les chiffres de l'Office fédéral de l'environnement le confirment: au lieu de diminuer, les émissions de CO2 dues au trafic routier augmentent – de 15,48 millions de tonnes de CO2 en 1990, elles ont passé à 17,64 millions de tonnes en 2008. Dans le domaine des huiles de chauffage, où une taxe CO2 existe, c'est l'inverse: les émissions de CO2 ont passé de 25,4 millions de tonnes en 1990 à 22,55 millions de tonnes en 2008.

Une valeur limite qui n'en est pas une
La majorité du Conseil national a même fait un pas en arrière en adoptant une valeur limite d'émissions pour les voitures neuves qui est absolument sans effets. En effet, d'ici à 2015, la moyenne d'émissions de CO2 des voitures neuves devra avoir reculé à 150 g/km. La Suisse reste ainsi bien en arrière par rapport aux normes internationales et devient un exemple négatif en Europe. On sait pourtant que l'UE a décidé de réduire la moyenne d'émission de CO2 des voitures neuves à 130 g/km pour 2015 et de 10 grammes supplémentaires par l'introduction d'une proportion obligatoire de biocarburants. A l'instar de l'UE, l'ATE demande une réduction à 120 g/km.

En outre, l'ATE regrette que le Conseil national veuille retirer à la Confédération sa souveraineté en matière de coordination de la sauvegarde du climat. C'est une des tâches centrales de la Confédération qui, en tant que telle, doit également être inscrite dans la loi.

Politique à courte vue
Si le Conseil des Etats ne corrige pas le tir, la loi sur le CO2 risque de devenir un texte vide de sens. Les arguments des parlementaires bourgeois qui prétendent que des mesures sévères désavantageraient l'économie suisse sont sans fondement. Premièrement, avec une politique climatique avant-gardiste, la Suisse pourrait créer de nouvelles places de travail d'avenir et, deuxièmement, un réchauffement climatique persistant entraîne d'énormes coûts, tant pour la Confédération que pour les cantons et les communes.

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Commentaires

Vous omettez de dire que par 90 voix contre 87 - on devine lesquelles, le Conseil National a tourné le dos à une solution qui a fait ses preuves, soit celle de la combinaison de mesures prises en Suisse et à l’étranger. Or c'est en faisant bon usage des crédits carbone (dits aussi "quotas d'émission") que l'on pourra agir efficacement à l'échelle planétaire. Chaque franc dépensé pour assainir une cimenterie en Inde ou une sucrerie au Vietnam ira beaucoup plus loin que le même franc dépensé en Suisse. Il est vrai que ces outils trops "libéraux" et d'économie de marché ne plaisent pas à certains milieux, car ils leur coupe l'herbe (verte) sous les pieds et les prive de leur fonds de commerce, constittué d'un mélange de sentiment de culpabilité, d'austérité calviniste et de politiquement correct, bien que je ne doute pas de leur sincérité. Or quoi qu'on fasse en Suisse où les émissions de C02 sont de toute façon microscopiques à l'échelle mondiale, ça n'aura ABSOLUMENT AUCUN EFFET sur le climat. Qu'on ait enfin le courage de l'admettre et de fonder une politique de limitation du CO2 fondée sur des critères objectifs et réellement utiles.

Écrit par : Ashwani Singh | 09/06/2010

Je vous invite d'ailleurs sur mon blog, notamment sur mon post récent http://unegeneveouvertedynamiqueetoptimiste.blog.tdg.ch/archive/2010/05/28/les-quotas-d-emission-et-les-clean-tech.html

Écrit par : Ashwani Singh | 09/06/2010

Je n'aime pas l'idée d'une taxe pour dissuader. Mais au contraire beaucoup celle d'une taxe pour inciter, en reversant proportionnellement l'argent sur des énergies propres, il est plus facile il me semble de faire passer la pilule... choisissez la bonne énergie et ça vous fait faire des économies.
Je ne sais pas si c'est une idée utopique.

Dans mon blog, le sujet du jour, très proche finalement:
http://motscroises.blog.24heures.ch/archive/2010/06/10/bp-encore-une-pollution-justifiable.html

Écrit par : mots croisés | 11/06/2010

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