31/08/2011

Hausse des tarifs CFF : le Conseil fédéral risque un champ de ruines

cff_4.jpgL’ATE ne comprend pas du tout la décision du Conseil fédéral d’augmenter les prix du sillon. Le gouvernement fédéral agit précipitamment et risque de se retrouver devant un champ de ruines en matière de financement des transports. Il rend unilatéralement plus cher le chemin de fer pourtant nettement plus respectueux de l’environnement et accepte le fait que davantage de navettes se fassent à nouveau en voiture. En conséquence, l’ATE en appelle aux CFF de ne pas faire payer les frais supplémentaires résultants intégralement à la clientèle.


Le contre-projet du Conseil fédéral à l’initiative de l’ATE «Pour les transports publics» n’a même pas encore été débattu au parlement. Malgré tout, le Conseil fédéral a déjà décidé une mesure de ce contre-projet sous forme d’une hausse des prix du sillon. Cette décision précipitée arrive au mauvais moment. Dans l’état actuel des choses, le Conseil fédéral ne sait en effet pas du tout ce que le parlement décidera le moment venu à propos du financement des transports.

Par son initiative hâtive, le Conseil fédéral risque de complètement passer à côté du financement futur des transports publics. L’augmentation précipitée des prix du sillon polarisera sans aucun doute les débats parlementaires sur le financement des transports. Il y a risque que tout cela finisse en champ de ruines.

Tout sauf conscient de l’environnement
Avec ce renchérissement unilatéral, le Conseil fédéral accepte par ailleurs consciemment que les voyageurs ferroviaires se tournent de nouveau à l’avenir plus vers l’automobile. Si les CFF font payer intégralement la hausse des prix du sillon à la clientèle, les voyages en train vont augmenter dans les deux prochaines années de 6 à 9 pour cent.

En pratiquant une telle politique des transports, le Conseil fédéral n’atteindra sans doute pas les objectifs climatiques. Environ 40 pour cent des émissions de CO2 en Suisse sont à mettre sur le compte du trafic routier. Face à cette situation, il est absolument incompréhensible de voir le Conseil fédéral renchérir unilatéralement les transports ferroviaires sans en même temps prendre des mesures adéquates pour le trafic routier.

L’ATE lance donc un appel aux entreprises de transports publics
pour qu’ils ne fassent pas payer la hausse des prix du sillon intégralement à la clientèle. Si les entreprises reportaient pleinement ces hausses supplémentaires sur le prix des billets, les tarifs du trafic régional grimperaient d’ici 2013 de 6,6 pour cent, ceux du trafic grandes lignes de 9,3 pour cent. Cette hausse s’ajouterait aux majorations tarifaires déjà prévues par les CFF pour l’acquisition de matériel roulant. Les tarifs augmenteraient donc en tout de 8 pour cent dans le trafic régional et de 11 pour cent d’ici 2013.


Capture d’écran 2011-08-31 à 17.09.19.png

Photo-montage tiré du site  passion - trains


Il faut absolument éviter un tel choc tarifaire. Il existe suffisamment de marge de manœuvre dans le trafic grandes lignes où les CFF obtiennent depuis des années des bénéfices juteux. L’ATE exhorte par conséquent les CFF de ne pas reporter la hausse des prix du sillon dans le trafic grandes lignes sur la clientèle. En fin de compte, cela est tout à fait dans l’intérêt des CFF eux-mêmes qui risquent de perdre des clients.

17:12 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : ate, cff, hausse, tarifs | |  Facebook | | |

Commentaires

Bonjour,

il se produit au niveau fédéral avec les CFF exactement la même chose qu'au niveau cantonal avec les TPG. Lorsqu'on regarde le détail des voyageurs transportés par les CFF et des distances parcourus on s'apercoit que les voyageurs supplémentaires ont une distance moyenne deux fois supérieure à la distance moyenne de tous les autres voyageurs : donc un coup deux fois supérieur. Par ailleurs, à ces distances du centre la densité de population est moindre et donc l'utilisation moyenne des transports moindre. Puisque Genève refuse la densification du coeur d'agglo, elle loge les habitants loin de leur lieu de travail. Résultat tous les genevois le paient cash en augmentation durablement exponentiel des coûts de transport. Le mécanisme à l'oeuvre à l'échelle du canton est également à l'oeuvre au niveau fédéral.

Il n'y a qu'une seule solution pour limiter la hausse inévitable des coûts de transport en commun : la densification des agglomérations.

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard (St Julien en Genevois) | 31/08/2011

Vous faîtes bien de souligner cet état de fait. La ruine est le risque et il faut que ça se sache.

Écrit par : seche serviette | 24/01/2012

Les commentaires sont fermés.