24/01/2012

Financement des transports publics

76cf38274e.jpgUn pas en avant, deux pas en arrière. Le Conseil fédéral est en train de s'engager dans un cul-de-sac de la politique des transports: extension hésitante du réseau ferré, hausse des prix des billets, davantage d'argent pour la construction routière, achat de certificats d'émission de CO2 – autrement dit, tout sauf une politique futuriste. L'initiative «Pour les transports publics» de l'ATE et ses organisations partenaires est plus nécessaire que jamais.


La Suisse doit relever le défi de maîtriser des flux de trafic en constante augmentation, tout en ménageant l'environnement. En considération de la surcharge des trains aux heures de pointe et de l'augmentation croissante des émissions de CO2 dues au trafic motorisé, il serait judicieux de promouvoir résolument l'extension du réseau ferroviaire et des lignes de bus et de tram. Cependant, le Conseil fédéral peine à y parvenir, comme le montrent ses propositions de financement des transports.

S'il contient certes des éléments positifs, le projet de financement et d’aménagement de l’infrastructure ferroviaire (FAIF) n'en est pas moins lacunaire. Dans un premier temps, le Conseil fédéral entend investir 3,5 milliards de francs seulement dans l'extension du réseau ferré, au lieu des 6 milliards pourtant nécessaires. Les prochaines étapes d'extension n'ont pas encore été définies et l'échéance du programme de développement stratégique pour l’infrastructure ferroviaire (PRODES) a été repoussée de dix ans (2050). Simultanément, le Conseil fédéral envisage d'augmenter prochainement les tarifs ferroviaires. Il est pourtant urgent d'accroître les capacités des chemins de fer pour que l'augmentation des transports ne se matérialise pas sur la route, mais sur le rail.


Concession au lobby automobile

Les concessions que le Conseil fédéral accorde au lobby automobile aggravent encore la situation: le «quart NLFA» prélevé sur le financement spécial du trafic routier serait réaffecté à la construction routière dès 2030. Le lobby routier en profite pour exiger une nouvelle fois la construction d'une deuxième galerie au Gothard. Celle-ci ne manquerait pas de réduire fortement l'attractivité du nouveau tunnel ferroviaire et serait contraire aux dispositions de la Constitution sur la protection des Alpes.

En parallèle, le Conseil fédéral entend imposer une importante extension du réseau autoroutier. Les conséquences sont prévisibles: les automobilistes ne manqueraient pas de faire usage de la nouvelle offre, faisant ainsi augmenter le trafic routier et les émissions de CO2. Le Conseil fédéral ne semble pas avoir compris le principe: «qui construit des routes, récolte le trafic».

Cette attitude est d'autant plus étonnante que l'Office fédéral de l'environnement a indiqué mardi que l'augmentation constante des émissions de CO2 du trafic routier était responsable de l'incapacité de la Suisse à atteindre les objectifs de Kyoto. Les émissions de CO2 de la Suisse ne pourront être réduites que si l'on renonce à étendre le réseau autoroutier et à encourager les transports routiers. L'achat d'onéreux certificats d'émission de CO2 par la Suisse ne résout en rien le problème.

L'initiative «Pour les transports publics» de l'ATE et ses organisations partenaires est plus nécessaire que jamais. Elle crée les conditions d'une urgente réorientation de la politique des transports.

11:09 | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : cff, transports, ferroviaire, hausse tarifs | |  Facebook | | |

Commentaires

Il faut d'abord déterminer le pourcentage de la population qui utilisent le transport ferroviaire, c'est vrai que c'est un transport plus rapide par rapport aux voitures mais, pour ce qui est de la Suisse, combien de personnes utilisent le train pour se déplacer?

Écrit par : faire part mariage | 07/02/2012

Vraiment bien fait ton article, j'attend d'en lire plus. Bonne continuation et à bientôt :)

Écrit par : mutuelle chats | 14/02/2012

Le transport ferroviaire, c'est le moins cher si je ne m'abuse. Plus rapide aussi, et en terme écologique, c'est le mieux que l'on puisse dire.

Écrit par : faire part | 15/02/2012

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